Divers appareils Hetwin

Article du journal Terre & Nature du 20 février 2025

Un robot qui livre les rations de fourrage en temps et en heure

Les robots d'alimentation figurent parmi les attractions du salon Tier&Technik de Saint-Gall (du 20 au 23 février). Visite chez Walter Wyss à Bière (VD) qui nourrit son troupeau de 60 laitières grâce à l'appareil Athos.

19 février 2025Horace Perret

 

Quand on arrive dans l’étable de Walter Wyss, on est tout de suite saisi par le calme qui y règne. Les vaches sont sagement alignées dans leur stalle, dormant ou broutant nonchalamment les restes de leur dernier repas. Elles ne le savent pas encore, mais dans quelques minutes le robot Athos se mettra silencieusement en marche pour leur apporter leur ration calibrée de fourrage frais.

Avec un tel système, chaque bête reçoit la même ration que sa voisine. «Pas de jalousie, elles sont toutes traitées sur un pied d’égalité», relève en souriant l’agriculteur de Bière (VD). «La régularité de la ration règle les problèmes de hiérarchie. Les vaches ayant tout le temps du nouveau fourrage, il n’y a pas de risque que la plus forte aille manger le meilleur à côté», poursuit Simon Henry, employé agricole au domaine. Et cela comporte un autre avantage: les laitières produisent plus. «Chaque jour, on doit bien gagner un litre de lait par vache», se réjouissent les deux hommes. Un surplus bienvenu qui s’ajoute à la production livrée quotidiennement à la laiterie locale pour le gruyère AOP.

Programmation à heures fixes

Les rations et les horaires de distribution sont programmés par l’agriculteur lors de l’installation, mais celui-ci peut toujours modifier ces paramétrages manuellement par la suite. C’est ce que fait Walter Wyss. «Il y a des jours où l’on est plus vite à l’écurie que d’autres, et dans ce cas on peut changer l’horaire. Lorsque le troupeau passe la journée aux pâturages, on peut également adapter les rations, car les bêtes ont déjà bien mangé, c’est pratique.»

Le robot accomplit son service douze fois par jour, glissant sur un rail installé au plafond, la première fois à 5h30 du matin et la dernière à minuit. En plus de la distribution de nourriture, le robot se charge de pousser le fourrage grâce à une lame placée à l’avant, ce qui permet de garder l’étable propre et la nourriture à proximité des animaux. Il peut aussi, moyennant un parcours spécifiquement créé à cette fin, se rendre dans les zones de couchage pour épandre la litière.

Tous les types de fourrage peuvent être utilisés, à condition d’être coupés par une mélangeuse. «C’est pourquoi on a besoin de deux machines, précise Walter Wyss. Notre mélangeuse permet de couper le foin très fin, on peut ainsi donner de la luzerne à nos vaches, une plante qui a une très bonne valeur nutritive, mais une tige très dure et que les bêtes ne mangeraient pas sans ça. C’est bien pour nous qui essayons de produire du fourrage, malgré le fait qu’on habite une région plutôt sèche.»

En chiffres

49 hectares, la surface de l’exploitation de Walter Wyss, dont 2,5 de maïs pour vaches et 6 de céréales fourragères.

400 000 litres, la production annuelle laitière de Walter Wyss.

2 batteries de 12 V pour faire fonctionner 
le robot distributeur.

120 000 à 160 000 francs, le prix du robot (pose comprise).

30 000 francs, le montant du soutien alloué par l’État de Vaud pour une installation d’un robot comme l’Athos.

Avantage écologique

L’élément écologique a également joué un rôle dans le choix de Walter Wyss. Il se 
rappelle encore de l’époque où il devait 
faire tourner son tracteur dans la halle afin de faire marcher sa mélangeuse de 25 m3 
et des gaz d’échappement qui en résultaient.

Aujourd’hui, la mélangeuse et le distributeur sont alimentés par de l’électricité et profitent, dès que le soleil fait une apparition, de l’installation photovoltaïque qui se trouve sur le toit du bâtiment. Ce type d’infrastructure bénéficie par ailleurs du soutien de l’État de Vaud. Une mesure qui a permis à Walter Wyss de réaliser une économie de 30 à 35% sur le montant total de son investissement. «Quand on sait que le robot m’a coûté 135 000 francs et la mélangeuse 50 000, cela représente quand même une jolie somme», souligne-t-il.

Moins de travail

Quand on lui demande s’il pourrait revenir en arrière aujourd’hui, Walter Wyss n’emprunte pas quatre chemins: «Je ne tournerai plus sans le robot. Il nous fait gagner au minimum une heure de travail par jour, c’est top.»

La nature de la tâche a également changé. En tant qu’employé agricole, Simon Henry est bien placé pour en parler: «Mon travail n’est plus aussi physique qu’à l’époque où on faisait tout à la fourche. C’est davantage de la surveillance maintenant.» Le confort de vie s’est aussi amélioré. «On gère plus facilement les week-ends et les vacances. Une personne suffit pour s’occuper de tout, ce qui fait qu’on peut partir de temps en temps», se réjouit l’agriculteur.

Quand on parle entretien, Walter Wyss est enthousiaste. Certes, le robot est encore jeune, mais il cumule quand même 1055 heures de service et a plus de 935 km au compteur. «Il est très fiable, il commet peu d’erreurs. On a eu très peu de pannes et quasiment pas d’entretien. Cette solution peut être facilement installée n’importe où, même dans les vielles fermes. Pas besoin de nouveaux bâtiments, il suffit d’un pont roulant pour la mélangeuse.»

Comment ça marche?

Athos a été développé par Hetwin, une marque autrichienne qui propose une gamme variée de robots d’alimentation et d’équipements pour l’élevage. Il est spécialement conçu pour les petites et moyennes exploitations avec l’affouragement de foin ou d’ensilage, note Adrien Bourqui de l’entreprise Agrotech’Bourqui’Services qui distribue la marque en Suisse romande.

L’engin a été développé en deux parties, soit un mélangeur stationnaire avec un système de coupe spécialement développé (disponible en 5 m3, 11 m3, 15 m3, 21 m3, 23 m3) qui coupe en quelques minutes le foin ou l’ensilage en une ration homogène et le robot d’alimentation Athos (disponible en 5 m3, 0,75 m3, 1,5 m3) guidé par rail, qui distribue à intervalles réguliers la ration.

Le guidage du robot est assuré par la combinaison de quatre éléments: des rails physiques installés au plafond, des roulettes sur le robot pour assurer son déplacement et son alignement avec les rails, des capteurs pour détecter les points de distribution, les obstacles et permettre au robot de s’arrêter ou de changer de direction. Et finalement, une unité de programmation qui permet de définir les arrêts le long du rail pour la distribution.

+ d’infos www.agrotechbourquiservices.ch